Messages

Le grand livre de la vie

Image
Je me suis souvent fait dire que j'étais très mature pour mon âge quand j’étais enfant. À plusieurs reprises, j’ai même entendu dire de moi que j’étais une vieille âme… Pour ce qui est de l’âme, je ne sais pas trop. Pour ce qui est de la maturité, je serais porté à dire que, sur bien des points, je me sentais effectivement plus mature que les autres enfants de mon âge. On me disait que je posais le genre de questions qu’on entendait généralement chez les gens plus vieux que moi. Ça, c’était quand j’étais enfant. Une fois ado, je n’avais plus autant cette impression. Je dirais que je me sentais plus ou moins à la même place que mes amis côté maturité. J’avais aussi le sentiment de mieux connecter avec eux. Une fois adulte, j’ai eu l’impression que tout était inversé. Les gens de mon âge semblaient avoir tout compris de la vie. Ils avaient des plans de carrière, des projets d’avenir… De mon côté, j’avais l’impression d’être le seul à ne pas avoir lu le grand livre de la vie. Plus j...

Vive le vent

Image
J’habite sur un coin de rue. C'est pratique parce que ça rend ma maison plus facile à identifier, mais ça vient aussi avec plusieurs inconvénients. L’hiver, je me ramasse avec des bancs de neige qui pourraient possiblement se qualifier pour le livre des records Guinness et, par temps de grands vents, il n’y a pas grand-chose pour protéger ma maison. Il y a deux ans, il y a eu une bonne tempête dans mon quartier. Il ventait tellement que certains morceaux d’aluminium qui recouvrent la bordure de mon toit ont été emportés par le vent. La semaine dernière, soit deux ans après l’incident, j’ai finalement installé les morceaux manquants. Je dis «je», mais c’est en fait mon ami qui est monté installer les morceaux parce que j’ai le vertige. Mais ça, c’est une autre histoire. Ça aura donc pris deux ans avant que je règle le problème. Un problème qui, en surface, est d’une banalité déconcertante. Les choses qu’il y avait à faire: aller à l'atelier d’aluminium avec un des morceaux abimé...

Papier ou pas

Image
J’aime écrire. C’est une façon de communiquer que j’ai toujours appréciée. Je peux prendre mon temps, réfléchir et m’assurer que j’ai choisi les bons mots pour éviter autant que possible la confusion. À travers les années, j’ai écrit toutes sortes de choses. Des chansons, des nouvelles, des pièces de théâtre, des billets de blogues comme celui-ci. Ce n’est que récemment que j’ai réalisé que même sans papier, j'avais toujours écrit. Je m’explique. Je crois qu’il n'est pas rare que des gens préparent certains scénarios pour des moments clés dans leur vie. Une entrevue pour un travail, une présentation, une rencontre avec un client, etc. Moi, je fais ça pour pratiquement tout… Commander une pizza par téléphone? J’ai un script pour ça. Inviter un ami au cinéma ? J'ai un script pour ça. Acheter un café dans une station-service… J’ai aussi un script pour ça ! D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours scripté au moins un minimum mes interactions sociales. Il n’est pas rare n...

Un, deux, test

Image
Je fais de la musique depuis que je suis tout petit. Avant même de commencer à jouer, je ressentais déjà quelque chose de très fort pour la musique. Il existe une photo de moi, encore en couches, qui s’agrippe au bouton de volume du système de son de mon père pour monter le volume. J’ai écrit mes premières chansonnettes quand j’étais enfant. Mais c'est vers l’âge de treize ou quatorze ans que j’ai véritablement commencé à écrire plus sérieusement. À travers le temps, j’ai fait des albums, des spectacles, de la musique pour l’image, le théâtre, etc. Avant de pouvoir franchir ces étapes, il faut tout d’abord être assidu sur la chose la plus importante en musique, la pratique. En répétition comme sur scène, il y a un micro que tous les musiciens connaissent très bien, le Shure SM58. C'est sans aucun doute le micro le plus utilisé dans le monde et le plus vendu de tous les temps. C’est loin d’être le meilleur micro au monde, mais il est robuste, abordable, et il fait un bon travail...

Pareil comme au cinéma

Image
Une de mes activités préférées de l’été, c'est le ciné-parc. C'est peu dispendieux, comme c’est dehors, ça donne l’impression de profiter de l’été et, en plus, j’ai le contrôle absolu sur le son, ce qui me permet d’apprécier le film de manière optimale. Quand j’ai eu ma première voiture, j'y allais tout le temps, je voyais tous les nouveaux films. C’était aussi une époque où j’étais célibataire et où j’étais activement à la recherche de quelqu’un pour partager ma vie. Après plusieurs échanges avec une jeune femme d’à peu près mon âge sur la défunte plateforme MSN Messenger, nous nous sommes donné rendez-vous un soir au ciné-parc. Contrairement à certaines autres expériences de rencontre que j’avais eues auparavant, ici, tout était clair : il s'agissait officiellement d’un rencard. Nous nous connaissions déjà un peu en ligne, mais nous avons eu le temps de faire connaissance en personne avant le début du film. Le courant passait bien, pas de mauvaise surprise, les condit...

Je plaide coupable

Image
Il semble y avoir consensus chez les gens plus âgés. L'enfance semble, selon eux, être le moment le plus agréable de l’existence. Les arguments évoqués sont souvent l’absence de responsabilité ou encore le temps qui semble être une ressource infinie. Comme si la seule chose à faire était de vivre pleinement.  C’est assez étrange parce que ça ne correspond pas à ma perception actuelle de l’enfance. De la mienne, du moins. J’irais même jusqu’à dire que, jusqu’à présent, ça a probablement été pour moi la pire partie de ma vie. On me décrivait comme quelqu’un de tranquille, gêné, dans sa bulle. En réalité, les trois quarts du temps, j’étais surtout terrifié par les autres, j’essayais seulement de faire en sorte que ça ne paraisse pas trop.  Sans vouloir faire l'inventaire de mes malheurs, l’époque de mon primaire a été la pire. C’est celle où je me suis fait traiter de tous les mots qui ne valent pas la peine d’être écrits ici. C’est dans la classe de troisième année que mon ensei...

Ronde après ronde

Image
Je suis née au début des années quatre-vingt. L'âge d’or des films d’action où les scènes de bagarres et les explosions se succédaient. Sans doute les années les plus lucratives de Jean-Claude Van Damme, Chuck Norris et Sylvester Stallone. Dans ma télé, je voyais Rocky s’entraîner pour devenir plus fort, plus endurant. Il ne se plaignait pas. S’il n'était pas certain d’avoir ce qu’il faut pour battre son adversaire, il s’entraînait plus fort, tout simplement. C’est comme ça qu’il est devenu champion et qu’il a réussi à gagner le cœur d’Adrian au passage. Rien ne pouvait l'arrêter. Quand je ne me sentais pas bien dans mes vêtements, que j’avais les tympans qui font mal ou les yeux qui brûlent, je ne me plaignais pas, j'encaissais, ronde après ronde. Je me disais qu’à la longue, j’allais devenir plus fort, plus endurant et que, comme Rocky, j’allais finir par devenir assez fort pour vaincre mon adversaire. Ce que je n'avais pas encore compris, c’est que les sens, c’es...